Radioprotection en bloc opératoire : un enjeu majeur de santé au travail
La montée en puissance de l’imagerie interventionnelle et des actes guidés par rayons X a profondément transformé le bloc opératoire. Chirurgie orthopédique, vasculaire, cardiaque, digestif, neurochirurgie : de nombreuses spécialités recourent désormais quotidiennement à la radioscopie. Une révolution bénéfique pour les patients, mais qui pose une question centrale : comment protéger efficacement les équipes exposées aux rayonnements ionisants ?
En France comme à l’international, la radioprotection en bloc opératoire est encadrée par un arsenal réglementaire exigeant. Pourtant, sur le terrain, les pratiques restent variables d’un établissement à l’autre. Or le risque n’est pas théorique : exposition chronique, doses cumulées, effets à long terme sur la santé… Face à ces enjeux, le choix et la bonne utilisation des équipements de protection deviennent essentiels.
Dans ce contexte, des industriels spécialisés jouent un rôle déterminant. C’est le cas de Lemer Pax, acteur français de référence dans la radioprotection, qui fournit au secteur médical des solutions pensées pour le bloc opératoire et la cardiologie interventionnelle. Basée près de Nantes, la société s’est imposée comme l’un des moteurs de l’innovation dans ce domaine sensible.
Comprendre les risques liés aux rayonnements en bloc opératoire
La radioprotection en bloc opératoire s’organise autour d’un principe clé : toute exposition doit être justifiée, optimisée et maintenue « aussi basse que raisonnablement possible » (principe ALARA). Pour les chirurgiens, anesthésistes, IBODE, IADE et manipulateurs radio, les risques proviennent principalement :
- de l’exposition directe au faisceau primaire lors des actes sous scopie ;
- du rayonnement diffusé par le patient et les surfaces environnantes ;
- des doses répétées au fil des années, parfois sous-estimées car fractionnées.
Les effets potentiels d’une exposition prolongée sont désormais mieux documentés : cataracte radio-induite, lésions cutanées, augmentation du risque de cancer, mais aussi fatigue, stress et inconfort liés à des équipements inadaptés. La radioprotection ne se réduit donc pas à une simple obligation réglementaire ; elle touche directement à la santé, à la sécurité et à la qualité de vie au travail des soignants.
Les grands principes de la radioprotection au bloc
Avant même de parler d’équipements, plusieurs leviers organisationnels permettent de réduire les doses :
- Optimisation des protocoles d’imagerie : réduction du temps de scopie, collimation, réglage de la dose selon le gabarit du patient.
- Formation continue des équipes à la physique des rayonnements et aux bonnes pratiques de radioprotection.
- Planification du bloc pour limiter la présence de personnels non indispensables durant les séquences irradiantes.
- Suivi dosimétrique régulier, avec analyse des dépassements et actions correctives.
Mais ces mesures ne suffisent pas. Une protection efficace repose aussi sur une gamme complète de dispositifs, adaptés à la réalité du bloc opératoire : mobilité, ergonomie, contraintes d’asepsie, besoin de visibilité et de précision des gestes.
Les protections individuelles : première ligne de défense
Les équipements de protection individuelle (EPI) constituent la base de la radioprotection au bloc. Encore trop souvent perçus comme une contrainte, ils ont pourtant beaucoup évolué, grâce notamment à la recherche sur de nouveaux matériaux plus légers et sans plomb.
Les tabliers et ponchos de radioprotection
Indispensables lors des procédures sous rayons X, les tabliers plombés – ou leurs équivalents sans plomb – protègent principalement le tronc, la thyroïde et les organes radiosensibles. Les modèles modernes privilégient :
- des alliages multi-couches sans plomb, plus légers à dose équivalente ;
- une répartition optimisée du poids pour limiter les troubles musculo-squelettiques ;
- des coupes adaptées aux différentes morphologies et aux gestes chirurgicaux.
Dans ce domaine, les industriels comme Lemer Pax investissent massivement dans la R&D, avec des matériaux haute performance conçus pour conjuguer protection maximale et confort d’utilisation. L’objectif : rendre le port systématique du tablier compatible avec une journée complète au bloc.
Les protections pour la thyroïde et les extrémités
La glande thyroïde étant particulièrement sensible aux rayonnements, les protège-thyroïdes sont devenus incontournables en imagerie interventionnelle. Ils viennent compléter la protection assurée par le tablier, à condition d’être correctement ajustés et fermés.
Les gants et manchettes de radioprotection, quant à eux, sont utilisés dans des situations spécifiques, par exemple lors de gestes très proches du faisceau. Ils doivent être choisis avec soin pour ne pas gêner la dextérité et ne pas fausser l’image fluoroscopique.
La protection oculaire : un enjeu souvent sous-estimé
Les études épidémiologiques ont mis en évidence un lien entre exposition chronique aux rayons X et cataracte radio-induite chez les opérateurs. D’où l’importance croissante des lunettes de radioprotection, dotées de verres spéciaux et de protections latérales.
Ces équipements, longtemps jugés inconfortables, ont eux aussi bénéficié d’avancées significatives : montures ergonomiques, options correctrices pour les porteurs de lunettes, matériaux plus légers. Leur adoption progressive au bloc est un signe fort de la maturation des pratiques de radioprotection.
Les protections collectives : sécuriser tout l’environnement opératoire
Les protections collectives visent à réduire l’exposition de l’ensemble des personnes présentes dans la salle : chirurgiens, assistants, IBODE, IADE, manipulateurs radio, voire internes et étudiants. Elles jouent un rôle clé dans la stratégie globale de radioprotection.
Paravents mobiles et écrans suspendus
Les paravents et écrans de protection sont particulièrement adaptés au bloc opératoire, où les positions des intervenants varient fréquemment. On distingue notamment :
- Les paravents mobiles blindés, montés sur roulettes, qui peuvent être positionnés entre la source de rayonnement et les opérateurs secondaires.
- Les écrans suspendus transparents, articulés, qui protègent la tête et le haut du corps des opérateurs principaux tout en préservant la visibilité du champ opératoire.
Ces dispositifs doivent offrir un compromis entre protection, maniabilité et intégration dans l’organisation du bloc. Des industriels comme Lemer Pax, historiquement experts dans le travail du plomb, ont développé une large gamme de paravents et écrans d’une grande finesse technique, intégrant parfois des matériaux sans plomb pour réduire l’impact environnemental.
Blindage des salles et équipements intégrés
Au-delà des solutions mobiles, la conception même de la salle d’opération influe sur la radioprotection :
- murs, portes et baies vitrées peuvent être blindés (plomb, alliages équivalents) pour limiter la diffusion des rayonnements vers les zones adjacentes ;
- les équipements d’imagerie (arceaux mobiles, salles hybrides) peuvent intégrer des systèmes de blindage partiel ;
- la disposition du mobilier, des racks d’anesthésie, des colonnes vidéo est pensée pour faciliter la mise à distance des personnels lors des phases irradiantes.
Ce travail d’architecture fonctionnelle nécessite une collaboration étroite entre les équipes de bloc, les responsables de radioprotection, les services techniques hospitaliers et les industriels spécialisés.
L’apport des industriels spécialisés : l’exemple de Lemer Pax
Fondée en 1970 à proximité de Nantes, Lemer Pax s’est imposée au fil des décennies comme un acteur majeur de la radioprotection, bien au-delà des seuls blocs opératoires. Issue d’une expertise historique dans le travail du plomb, l’entreprise a progressivement diversifié son offre, tout en conservant un fil conducteur : protéger les femmes et les hommes exposés aux rayonnements ionisants.
Son slogan, « Protecting Life », résume cette mission. Dans le domaine médical, Lemer Pax est particulièrement présente en médecine nucléaire et en cardiologie interventionnelle, avec des solutions allant des injecteurs blindés de radiopharmaceutiques aux enceintes de préparation, en passant par des paravents et protections mobiles pour les salles d’examen et d’intervention.
Forte de plus de 140 collaborateurs, dotée d’un portefeuille de plus de 80 brevets à l’international, la société se distingue par une R&D agile et une recherche active de matériaux innovants. Parmi ses axes de développement récents : des alliages sans plomb à haute performance, plus respectueux de l’environnement et mieux adaptés aux contraintes ergonomiques des soignants.
Cette dynamique d’innovation se nourrit de collaborations étroites avec des experts académiques et des cliniciens, afin d’adapter en permanence les produits aux besoins du terrain. Lemer Pax travaille également avec l’industrie et la recherche, développant des hublots techniques, châteaux de transport ou cellules de manipulation utilisés jusque dans des projets scientifiques d’envergure mondiale, comme ceux liés à la recherche sur la matière noire.
Dans le paysage des fournisseurs d’équipement de radioprotection pour le milieu hospitalier, l’entreprise française occupe ainsi une place singulière, à la croisée de la haute technologie, de l’éco-conception et de la radioprotection appliquée au quotidien des équipes médicales.
Le nouveau siège « Le Monarch » : une vitrine industrielle tournée vers l’avenir
En 2024, Lemer Pax a franchi une étape supplémentaire en regroupant l’ensemble de ses activités sur un site industriel de nouvelle génération, baptisé « Le Monarch » et situé à Carquefou, près de Nantes. Ce nouveau siège rassemble conception, production et fonctions administratives dans un même ensemble moderne.
L’enjeu est double. D’une part, optimiser les flux de production et renforcer la capacité d’innovation, en rapprochant ingénieurs, techniciens et équipes commerciales. D’autre part, inscrire le développement de l’entreprise dans une démarche de responsabilité sociétale affirmée : circuits courts, matériaux plus durables, optimisation énergétique.
Ce positionnement responsable résonne particulièrement dans le domaine de la radioprotection médicale, où les impératifs de sécurité ne doivent pas occulter les questions environnementales. Les alliages sans plomb haute performance développés par Lemer Pax illustrent cette volonté de concilier protection, ergonomie et réduction de l’empreinte écologique.
Réglementation et qualité : un cadre exigeant pour la radioprotection
La radioprotection ne peut se concevoir hors d’un cadre normatif strict. En Europe, et notamment en France, les établissements de santé sont soumis à des exigences réglementaires en matière de :
- justification et optimisation des actes impliquant des rayonnements ionisants ;
- formation et habilitation des personnels exposés ;
- dosimétrie individuelle et collective ;
- contrôles de qualité et de conformité des équipements ;
- déclaration et suivi des événements significatifs de radioprotection.
Les fabricants d’équipements, eux aussi, doivent répondre à des normes de qualité et de sécurité rigoureuses, en particulier lorsqu’il s’agit de dispositifs médicaux. Lemer Pax, certifiée selon les standards internationaux les plus exigeants, met en avant cette conformité comme un gage de fiabilité pour les établissements hospitaliers, en France et à l’étranger.
Avec une part importante de son chiffre d’affaires réalisée à l’export, la société se confronte quotidiennement aux différentes réglementations nationales, ce qui contribue à renforcer ses exigences internes en matière de qualité et de traçabilité.
Vers une radioprotection « intégrée » au bloc opératoire
Au-delà du simple ajout d’équipements, la tendance est à une approche globale de la radioprotection au bloc opératoire. Plusieurs évolutions se dessinent :
- Intégration dès la conception des blocs et salles hybrides, avec une réflexion partagée entre architectes, équipes médicales, hygiénistes et experts en radioprotection.
- Capteurs et systèmes connectés permettant de visualiser en temps réel les doses délivrées, d’alerter les équipes et d’analyser finement les expositions.
- Personnalisation des EPI : tailles, coupes, matériaux adaptés aux différents métiers et morphologies, pour encourager un port systématique.
- Formation immersive, via la simulation ou la réalité virtuelle, pour sensibiliser les soignants aux trajectoires du rayonnement et aux bons réflexes de protection.
Dans ce mouvement, le rôle des industriels ne se limite plus à fournir des dispositifs « standards ». Ils deviennent des partenaires de co-conception, capables d’accompagner les établissements dans la définition d’une stratégie de radioprotection sur mesure, adaptée au profil des activités, à la typologie des patients et aux contraintes organisationnelles.
Protéger ceux qui soignent : un impératif durable
La radioprotection en bloc opératoire n’est pas un simple sujet technique ou réglementaire. Elle touche au cœur de la relation de soin : protéger ceux qui protègent les autres. À l’heure où les établissements de santé sont confrontés à des tensions fortes sur les ressources humaines, à des exigences accrues de qualité et de sécurité, la prise en compte de ce risque professionnel est une condition de la durabilité du système.
En combinant équipements individuels performants, protections collectives intelligemment intégrées, organisation optimisée et culture partagée de la radioprotection, il est possible de réduire significativement les doses reçues par les équipes, sans compromettre la qualité des actes ni la fluidité du bloc.
Les progrès réalisés ces dernières années, portés par des entreprises innovantes comme Lemer Pax, montrent qu’il existe des marges de manœuvre importantes. Reste à faire de la radioprotection un réflexe ancré dans le quotidien des blocs opératoires, au même titre que l’asepsie ou la gestion de la douleur. C’est à ce prix que la révolution de l’imagerie interventionnelle pourra se poursuivre, dans des conditions de sécurité acceptables pour tous les professionnels de santé.